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Cette femme
secrète..

Parfois je rejoins cette
femme secrète
Qui emprunte et mes gestes et
ma voix
Jusqu’à ce regard lointain et
discret
Cette femme c’est parfois
moi..

Je rejoins cette femme, son
visage est le mien
Elle a de multiples sillons
transparents
Je la reconnais tout à coup
par des riens
Qui m’échappent au moindre
souffle du vent..

Cette femme secrète reste un
peu fragile
Ses mains se fondent, ses
mains s’épuisent
La tempête sur son corps est
limpide
Tous les jours c’est la
tourmente qui la brise..

Cette femme secrète ne pleure
plus
Elle ne veut même plus penser
À ses sanglots d’enfant
retenus
Qui ont laissé des traces
sous son oreiller..

Il n’y a plus de date, plus
de mois
Et plus de semaine dans son
horloge brisée
Et lorsqu’on entend sa voix
On voit que ses habitudes ont
changées..

Cette femme secrète aux
ongles rongés
Et aux rêves noués étouffe
ses cris
Restant immobile, le regard
inondé
Dans la triste vallée de
l’oubli..

Ginette Talbot
4 Novembre 2008

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