Par terre un ancien tapis usé
Et sur le lit une femme en
sanglots
Elle écoute ses disques du
passé..

Sans sursauts elle use sa vie
Elle se bat pour saturer le
soir
Il y a un monde vacant à
l’infini
Dans sa chambre tout est
noir..

On ne voit ni ses yeux ni son
cafard
Et on entend plus le moindre
son
Elle est plongée dans son
brouillard
Tout est sombre dans sa
maison..

A l’extérieur les oiseaux
gueulent
La petite chatte dort sur le
balcon
Et la pluie tombe sur le
seuil
Cette femme vit une mauvaise
saison..

En rêve elle retourne dans la
rue
Où s’est déroulée toute son
enfance
Elle se sent envahi de
fragrances farfelues
Pourquoi vit-elle toute cette
souffrance ?

Et le temps décompose tous
les sons
Sa vie se métamorphose, c’est
la fin de l’été
Elle vit sa tristesse au
travers des chansons
Pour cet amour elle aurait
tout sacrifié..

Avec lui c’était toujours
dimanche
La nuit est mauve et la lune
est ronde
Elle soupire au coeur de sa
nuit blanche
Elle se sent toute seule au
monde..

Il n’y avait plus assez
d’amour
C’est dans l’oubli qu’elle
voudrait vivre une pause
Son coeur sera en
convalescence plusieurs jours
Comme un acteur elle aura des
névroses..

Il lui reste les cendres de
cet amour
Les mots tendres sont partis
dans le vent
Ce qu’elle a aimé s’est
consumé au fil des jours
De son amour s’est arrêté le
temps..

A quelque part s’est noyé le
feu sacré
Comment comprendre ce qu’elle vit
ce soir
Elle repart le corps ému, le
pied léger
Son coeur guérira, comment
savoir..

Elle n’écoutera plus les
mêmes disques
Cette femme ne veut plus
faire naufrage
Elle ne voudra plus prendre
de risques
Elle veut maintenant oublier
son visage..

Ginette
Talbot
3 Octobre 2008

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