Je viens de traverser la ville

Voilà je viens de traverser la ville

Silencieuse est ma voix intérieure

Tout est sonore à l'extérieur la noirceur se faufile

Et je sens de nouvelles odeurs..

Je ne me souviens plus de sa voix

Celle des autres et la mienne

Dans ma mémoire à l’étroit

J’entends des pluies diluviennes..

Le son de mes larmes cristallisées

Qui s’entrechoquent dans leur transparence

La voix de mes yeux embués

S’entremêle dans l’harmonie de la cadence..

Dans le vacillement de ma voix

Résiliées et invalides sont mes émotions

Trébuchant sur ma route je vais vers toi

J’avance pieds nus au creux du vallon..

Entends-tu le chant qui se perd dans le vent

Entends-tu ma voix qui tremble sous les mots

Mains de douleur et gorges du temps

J’ai vu des lys ce soir sur l’eau..

Voilà je viens de traverser la ville

Au village de mes émotions

Dans la noirceur qui se faufile

Me voici sur le seuil de ma raison..


Ginette Talbot

Juillet 2008

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