
Le piano de la vieille
dame..

La
poussière s’étend sur le mobilier
Les
miroirs ont défleuri leur charme
Il y a une
odeur de parfum familier
Dans son
fauteuil dort la vieille dame..

La musique
résonne à travers le silence
Sur les
notes du piano aux rythmes berceurs
Qu’elle
écoute en rêve dans sa somnolence
Toutes les
mélodies marient leurs douceurs..

Elle aime
entendre tous ces sons familiers
Monter du
piano comme d’une mandore
Sa vie
monotone elle cherche à l’oublier
En
écoutant tous ces sons qu’elle adore..

Que son
piano vibre ou pleure
Plus rien
ne la captive autant
Et elle
oublie avec lui les heures
C’est sa
façon d’écouler le temps..

Certains
soirs où la tristesse agonise
Elle aime
se griser de tous ces sons
Dans sa
mémoire elle improvise
Parmi la
poussière de son salon..

Elle sent
sur le coteau des années
Trébucher
toutes ses illusions fanées
Ses yeux
sont de folles tourmentes
Le temps
passe mais rien ne change..

Son âme
ressemble à de la mousseline
Son corps
doucement chaque jour décline
Elle a la
nostalgie de tant souffrir
Celle de
vivre et l’effroi de mourir..

Elle reste
muette, impassible et fière
Son amour
est enterré au cimetière
Le soir,
l’esprit hanté de rêves nébuleux
La
tristesse se loge au fond de ses yeux..

Relégué au
salon son piano dans l’ombre
Le
couvercle baissé il a un aspect sombre
Et
pourtant c’est sa seule joie au monde
Sans son
piano ce serait la détresse profonde..

Ginette Talbot
19 Avril 2009
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