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L’étrangère..
Elle porte sur sa peau de longs regrets
Parfois elle se cache dans le grenier
Elle regarde passer le temps d’un air inquiet
Et elle pense au pays où elle est née
Le soir elle pleure au fond de son lit
Et elle se couvre d’un lourd édredon
Elle s’endort avec la nostalgie de son pays
Et les pleurs désarment son monde
Elle s’imagine mal dans son futur
Car elle ne peut oublier son passé
Seule dans ce monde la vie est dure
Elle porte un passé qu’elle ne peut oublier
Elle vit dans une ville qui ne dort jamais
Tout est gris dans le fond de ses yeux
Elle avance toujours par ricochet
Le miroir de sa vie est douloureux
Elle voudrait connaître la limite du ciel
Pour mieux ignorer la vallée des vides
Elle ressent des averses au fond d’elle
Sa vie lui donne de longs vertiges
Comment ouvrir les persiennes de sa peau
L’étrangère vit dans un épais frimas
Son passé résonne tout comme l’écho
Elle craint cette vie qu’elle ne connaît pas..

Ginette Talbot
Le 8 juin 2011

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