Le violon de famille..

 Ta voix plaintive s’est éteinte

Te voilà devenu muet à jamais

Le temps s’est arrêté avec ma peine

Dans le grand salon que j’aimais..

Je venais te voir c’était une habitude

Relaxant le soir en écrivant des vers

Tu étais là au coeur de ma solitude

Installé à l’abri du monde pervers..

Sur le buffet aux tons noircis

J’aperçois si souvent ton ombre

Tu déclinais tous mes soucis

Lamente-toi ici tout est sombre..

Serais-ce que le chagrin te tue

T’es harcelé comme un remords

La grande horloge qui s’est tue

Depuis que mon grand-père est mort..

Dans le salon ancien à guipure abîmée

Où fane le brocart du grand canapé

Toi, cher violon tu avais un souffle génial

Tu frissonnais des airs anciens de bal..

Tu dors comme de vieilles porcelaines

Parmi les portraits les bibelots et les vases

Ton bois a des odeurs moites de laine

Et le salon délire dans son allure bizarre..

Toi le vieux violon de famille

Tu languis dans une vieille armoire

Quand je te vois mes vieux rêves brillent

Tu réveilles en moi une partie de mon histoire..

 Ginette Talbot

25 Avril 2009 

       

   

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