Quand la solitude t’envahit..

Elle passe de longues soirées avec son ennui

Installée au grenier avec sa douloureuse âme

Elle fouille dans ses coffres anciens recouverts de suie

Elle pense échapper à ses douleurs infâmes..

 

En ce lieu sa mémoire efface les remords

Son grenier respire de si vieilles angoisses

Elle s’accroche à l’espoir qui est déjà mort

Sur son mur empeste une vieille odeur de tiroir..

 

Malade et sourde elle frôle un peu la folie

Des larmes s’épanchent sur son visage tourmenté

Parfois elle y passe une partie de la nuit

Sa vie se passe lentement au coeur de l’obscurité..

 

Elle cherche des photos et des souvenirs de lui

De temps en temps il lui semble entendre encore ses pas

Une vieille horloge se manifeste par son bruit

Il y a des années que son mari est parti vers d’au-delà..

 

Sous le poids de ses luttes elle s’écrase

Son mari dort sous la terre endormie

Dans sa grande maison il y a trop d’espaces

Peu à peu elle perd goût à la vie..

 

Quand tout à coup la nuit vaincue s’étiole

La petite fenêtre filtre l’aube elle se sent frileuse

Et marbrant les grands murs d’aurore

Dans ce grenier d’ombres poussiéreuses..

 

Elle s’enveloppe d’un grand édredon

La fatigue ferme doucement ses paupières

Et elle s’endort en imaginant le monde

Portant sur son dos sa petite misère..

 

Et un nouveau jour s’ajoutera avec ses souffrances

Parfois son corps se mettra à trembler

Son visage figé sera inondé de larmes

Elle demandera à la vie de venir la chercher..

 

Quand on est seule à entendre sa chaise berçante

On prie Dieu pour qu’enfin tout soit fini

La solitude gruge son coeur et la vie est chancelante

Elle colle un sourire sur son masque endormi..

 

Ginette Talbot

6Octobre 2008

  

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